samedi 7 octobre 2017

TROIS BAISERS, Katherine Pancol - Albin Michel




C’est avec nostalgie que je referme "Trois baisers", le dernier d’une "heptalogie" aux personnages récurrents. Vous n'avez pas lu les précédents ? Il est toujours temps mais prévoyez quand même 2 bonnes semaines où vous n'y êtes pour personne !!

Je m’étais bien habituée à attendre fébrilement la sortie du petit nouveau, me demandant au préalable comment les personnages allaient évoluer, refusant obstinément de lire la moindre critique, la plus petite interview pour ne surtout pas qu’on me gâche mon plaisir en dévoilant  des précisions que je ne voulais, au final, pas connaitre. 
Je relisais les dernières pages du volume précédent, pour me remettre dedans, et me souvenir où je les avais tous laissés.

Pour le dernier, elle nous a gâté Katherine, un bon pavé de 864 pages qu'on est pressé de lire, mais qu'on voudrait aussi déguster, comme un bonbon citron-miel, très lentement pour en savourer chaque instant. 
Parce que c'est bien le dernier cette fois-ci... Tout le monde le sait ... 
Elle en a assez Katherine de vivre avec ses personnages qui la hantent et qui font trop partie de sa vie. 
C'est qu'ils sont bien attachants, il faut le reconnaitre, ils font presque partis de la famille tellement on les connait bien. On les a vu évoluer, grandir, changer, aimer et détester, être heureux et malheureux, être surpris, exaltés, révoltés, ronchonner, hurler, aimer, se retrouver, se séparer.


On retrouve Stella, la ferrailleuse, la révoltée, nourrie par sa colère, sa soif de vengeance et son besoin de justice, son côté tendre qu'elle ne peut montrer, son besoin de tendresse qu'elle cache comme une faiblesse. Elle n'a pas eu la vie facile Stella, témoin de violences abjectes à l'encontre de sa mère. Elle est amoureuse... d'un homme qui a fui la Russie, qui a les dents qui rayent le parquet et qui lui fait quelques cachotteries.  Elle a eu un garçon avec lui, Tom qui lui aussi apprend la vie.
Hortense est là également. Que je l'aime celle-ci ! Elle a tout pour elle : la jeunesse, le talent, la confiance en soi. Elle ne s'en laisse pas compter. Elle a bien compris que les émotions, faut les contrôler pour être un tout petit peu maitre de sa vie. De l'ambition, elle en a pour dix, elle ne s'embarrasse de rien ni de personne, elle va où sa tête l'emporte. On prendrait bien un peu de son côté furie, un peu de son courage et de sa détermination, juste le temps d'arriver là où on veut aller.
Zoé est la fille que l'on voudrait tous avoir : douce, tendre, gentille, toujours soucieuse du bonheur des autres, elle veille sur le Clan et tricote habilement avec les travers de chacun pour maintenir l'harmonie. Elle sait y faire Zoé, elle connait le coeur de chacun, ses failles et ses forces et elle compose, sans jamais juger.

On entend la Sonate en sol majeur de Ravel à chaque page, on devine les mains de Gary qui courent sur le piano
Les personnages sont mis en lumière par leurs émotions qui les habillent, comme dans un défilé de mode.

Elle écrit comme la vie qui passe Katherine
Et elle voit passer la vie : elle observe, elle raconte, elle prend des notes. Elle doit avoir un petit carnet pour tout noter. Ce roman est truffé de scènes de vie, de personnages secondaires qui le traversent , qui arrivent sans faire de bruit, qui repartent sur la pointe des pieds mais qui lui donnent la force et la justesse du temps qui passe.
Il n'y a pas de chapitres, seulement 4 grandes parties, on ne peut pas reprendre son souffle, on lit, on lit, au lit, on regarde l'heure, 5 heures sont passées, et on n'a rien vu, rien entendu, juste nagé, à travers les mots, riant souvent,  pleurant parfois. 
Il ne laisse pas insensible ce bouquin, les émotions se tricotent et se détricotent au fil des pages, parfois doucement, parfois avec grand fracas.

3 petits baisers qui changent la vie
3 petits baisers pour être heureux 
3 petits baisers pour adoucir les jours de pluie 

3 petits tours et puis s'en vont... 
La valse lente se termine
Les écureuils restent vraiment seuls le lundi
les yeux des crocodiles sont définitivement fermés
Les muchachas tant appréciées s'en vont tout doucement sans faire de bruit...





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