mercredi 28 mars 2018

LA CHAMBRE DES MERVEILLES, Julien Sandrel - Calmann Lévy



Samedi 7 janvier 2017, 10h32
Le monde de Thelma va basculer, celui de Louis va être mis en pause.
Thelma élève seule son fils de 12 ans. Elle travaille comme une forcenée pour une boîte de cosmétiques comme directrice marketing. Elle a oublié que la vie ce n'est pas seulement bosser. Ca fait bien longtemps qu'elle n'a pas appuyé sur le bouton pause.
Alors, ce samedi matin, la vie lui rappelle ses priorités : Louis se fait faucher par un camion et tombe dans un coma profond.
Pour ne pas devenir folle mais surtout pour motiver son fils à se réveiller, Thelma décide de suivre à la lettre, une liste, écrite par son fils dans le cahier des merveilles, une liste qui énumère toutes les choses qu'il voudrait faire avant de mourir.
"Ce carnet était un concentré de futur
Le mode opératoire? J'allais partir à la rencontre des rêves des mon fils, les vivre pour lui, les enregistrer, en audio et en vidéo, et les lui faire partager. J'allais en prendre l'engagement solennel. Je ne pourrai ni revenir en arrière ni le décevoir. Je ne savais pas s'il y avait un ordre défini, et je ne voulais pas que tout ait l'air préfabriqué. Il faudrait donc que je découvre le programme au fur et à mesure."

C'est l'histoire de 2 renaissances.
Celle de la mère qui s'est absentée de sa vie depuis bien trop longtemps, celle du fils qui du fond de son lit d'hôpital, redécouvre sa mère.
C'est l'histoire d'un lien qui s'est affaibli, puis reconstruit 
C'est l'histoire de la vie quand on a oublié ses priorités.

C'est un livre feel good, dans l'air du temps. Un livre optimiste. Un livre qui nous tire vers le haut !
Pourquoi ? 
Parce qu'on se laisse tous bouffer par le quotidien et qu'on oublie tous nos priorités : dire aux gens qu'on aime qu'on les aime ? Prendre du "vrai" temps avec eux ? Se préoccuper des chose qui comptent vraiment et dégager celles sans importance ?
Ce livre là nous les rappelle nos priorités.
Et il nous fait nous interroger sur notre propre vie en exacerbant les failles de Thelma... et ses peurs... et ses doutes... et ses objectifs.
Je dis qu'on a besoin d'avoir des bouquins comme celui là qui nous remettent les pieds sur terre. Il nous donne quelques minutes pour nous poser, analyser, conclure, changer.
"Profite de ta vie. Profite des tiens. Tu as le tout le temps. Prends-le."

Ce livre deviendra un film et franchement je ne suis pas étonnée ! Parce que ça va être émouvant mais aussi drôle, très drôle. Certaines scènes sont vraiment cocasses et c'est par ce rire qu'on rira aussi de nous-mêmes.  


Ce livre est un chemin de vie, celle qu'on a oubliée mais aussi celle qui nous reste à vivre.
Bravo Julien Sandrel, pour une première, c'est une sacré pépite ! 
"On ne va pas rester comme ça, à regarder la vie filer sans nous."
Non, on te prend par la main Julien et on vient avec toi, parce que là où tu nous emmènes, ça sent le bonheur et la joie de vivre.





mercredi 14 mars 2018

JAKE, Bryan Reardon - Gallimard série noire



C'est l'histoire de Simon Connolly.
Simon est l'heureux papa de 2 enfants : Jake et Laney.
A leur naissance, il décide, en accord avec sa femme Rachel de quitter son job pour rester à la maison et "devenir" Homme au foyer. Ce choix qui semblait évident et logique le cantonne dans un rôle où la culpabilité de mal faire est omniprésente.
Un jour, une fusillade éclate dans le lycée où vont ses enfants. Treize enfants sont tués dans cette fusillade et Jake manque à l'appel. 
Son absence ne peut révéler que sa culpabilité ... ou sa complicité.
Très vite, les médias s'emballent et cloue Jake au pilori.
"Jake" est la voix d'un père, celle de Simon qui cherche à comprendre ce qui s'est réellement passé.

Autant le dire tout de suite, ce roman est difficile à lâcher et ce pour plusieurs raisons. 
Il aborde des thèmes vraiment intéressants qui nous amènent tous à réfléchir  sur le monde dans lequel nous vivons :
D'abord, le rôle du parent au foyer.
Simon est donc un père au foyer. Même s'il n'a pas été "obligé" de prendre cette décision, il vit plus ou moins bien cette situation, qui le réduit petit à petit à l'impression de n'être rien, jusqu'à en perdre son identité. Je m'adresse ici à toutes les femmes au foyer : vous connaissez la sensation ? N'est-ce pas vraiment intéressant d'entendre dans la bouche d'un homme des récriminations, doutes, colères que nous avons toutes eues?
" Je n'avais pas non plus réalisé à quel point je m'identifiais à mon travail, ou plutôt à quel point mon travail m'identifiait." (moi non plus, avant de le quitter !!)
Celui qui est au foyer doit tout voir et tout savoir : savoir quand son enfant va bien, quand il va mal, quand il a fait une bêtise, quand il a un problème à école etc... 
S'il ne voit pas, c'est qu'il est défaillant et la société toute entière le place dans la case des parents incompétents.
Ici aux Etats-Unis c'est extrêmement fréquent comme manière de penser : si un enfant déraille c'est à cause du parent qui n'a pas fait son job, ou d'un vice caché dont le parent est rongé et qu'il a transmis à son enfant. 
(j'ouvre une parenthèse pour vous raconter ce que j'ai vécu lorsque ma fille était en kindergarten. Deux garçons de 5 ans se sont montrés leurs sexes dans les toilettes de l'école. Celui qui a commencé a été viré sur le champ avec tous ses frères et soeurs, celui qui a été la "victime" s'est vu attribué un chaperon toute l'année parce que lorsqu'on a été une victime, on reproduit. Le proviseur a été viré en direct live dans l'auditorium sous la vindicte populaire, pour contenter les parents ivres de rage, parce qu'il n'avait pas considéré que c'était d'une gravité extrême. La famille du gamin "coupable" s'est vu traitée de tous les noms et accusée de toutes les perversions sexuelles possibles, exercées bien sûr  devant leurs enfants. Ils ont été obligés de quitter la ville)

C'est sur cette culpabilité là qu'est basée une très grande partie du roman: j'avais sous les yeux un enfant différent, qui n'allait pas bien et je n'ai rien vu...
La culpabilité est mise en exergue par l'alternance des chapitres passé et présent : le passé est placé sous le microscope de la mémoire pour essayer d'analyser tous les petits moments de vie qui auraient pu fournir un indice sur la façon dont le futur allait se dérouler, et le présent où l'indicible vérité semble surgir, associée au pouvoir des médias et au non respect de la présomption d'innocence.
C'est vrai que le roman amène à se pencher sur ce sujet. Nous l'avons bien constaté ces quelques mois, quand votre nom est cité aux infos, peu importe que vous soyez coupable ou innocent des faits qui vous sont reprochés, socialement vous êtes mort. 
La société n'associera plus votre nom qu'à votre culpabilité. Il n'y a pas de fumée sans feu dira-t-on....
C'est ce qui se passe dans le roman. Jake est coupable avant même d'avoir été retrouvé, sur des témoignages plus que bancals, des souvenirs flous, des suppositions.

Ce que j'ai beaucoup aimé aussi c'est la façon dont Bryan Reardon traite la réaction en chaine des évènements et ce que cela provoque : l'inhumanité des réactions et la nécessité de culpabiliser le parent qui a engendré un enfant défaillant.

Parce que son père lui a appris à s'intéresser aux autres, Jake prend sous son aile un garçon secret, réservé, différent des autres qui s'appelle Doug. Il ne l'aime pas forcément beaucoup mais il ne veut pas faire de peine à son papa. Alors, au début, il joue avec lui, plus par obligation que par envie. Doug rentre petit à petit dans la vie de la famille Connolly, au grand désespoir de Simon qui se rend très vite compte que quelque chose cloche chez ce garçon. Mais décemment, il ne peut pas interdire à son fils quelque chose qu'il a au début encouragé. 
A-ton aujourd'hui le droit d'être différent sans passer pour un futur tueur en série ?
Faut-il rentrer dans le moule à tout prix ?
Faut-il encourager son enfant à cultiver sa différence ou à l'annihiler?
Ce roman noir incite au questionnement de chacun. 

Bryan Reardon maitrise également parfaitement bien ce doute qui parvient à faire son chemin dans la tête du père, poussé par la pression des médias, les infos qui répètent inlassablement les mêmes choses toutes la journée: ton fils est coupable !

Enfin, je terminerai par ce que j'ai trouvé d'une grande finesse dans ce livre : toutes les reflexions et le travail intérieur de Simon pour parvenir au pardon. C'est formidablement bien écrit, d'une très grande justesse et d'une bonne dose de bon sens.
"Ne fais pas aux autres, ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse."
Et c'est tellement difficile... Et on devrait tous en prendre de la graine. 

Je vous renvoie à l'interview qu'Yvan a réalisé sur son blog ÉmOtionS :

https://gruznamur.wordpress.com/2018/03/06/interview-1-livre-en-5-questions-jake-bryan-reardon/

Une interview qui m'a vraiment donnée envie de lire le livre et honnêtement je l'ai dévoré !






samedi 10 mars 2018

LES SECRETS, Amélie Antoine - Michel Laffon



C'est l'histoire de 2 femmes : Mathilde qui rêve d'un enfant qu'elle n'arrive pas à concevoir et Elodie qui a un enfant qu'elle n'a pas rêvé d'avoir. 
La vie est souvent cruelle et injuste devant le désir de maternité...

Le roman commence par la fin, septembre 2015, et on se lance dans la lecture à rebours.
L'intérêt ? Comprendre comment on en est arrivé là. 
C'est toujours ce qui m'intéresse dans un roman : 
le cheminement, pas la fin.

Amélie, elle règle le problème dès le début, la fin, elle vous la donne, comme ça c'est réglé, on peut se concentrer sur les "pourquoi" et sur l'aspect psychologique des personnages.
Mathilde souffre, elle est obsédée par cet enfant qui ne vient pas, elle est prête à tout subir, tout entreprendre pour arriver à son but. 
Il faut dire qu'avec la mère qu'elle a, ce n'est pas vraiment étonnant de vouloir créer des relations mère-enfant d'un autre genre. La scène où Mathilde annonce sa grossesse à sa mère au restaurant m'a tirée quelques larmes : je retiens cette phrase collector de ma propre mère "on ne peut pas dire que se soit vraiment une bonne nouvelle" quand je lui ai annoncée être enceinte de ma dernière fille. Pas vraiment le genre de phrase qu'on oublie...
C'est intéressant de constater que la toxicité maternelle devient une sorte de thème récurrent dans ses romans (cf : son roman "Sans elle"), mais les relations parents-enfants également (cf. "Quand on a que l'humour", sorti en poche sous le titre "Les silences") 

Je l'ai déjà écrit, plusieurs fois, c'est ça qui fait sa force à Amélie : sa capacité à décortiquer dans tous les sens, les aspects psychologiques de ses personnages. 
Je n'ai pas connu la souffrance de ne pas pouvoir tomber enceinte, ni l'attente, ni les déceptions mensuelles 
Pas connu non plus la souffrance  de porter un enfant non désiré,
et pourtant ... Amélie sait si bien nous emporter dans son monde que l'identification est totale et le partage des émotions ressenti par les deux personnages principaux, immédiat.
C'est une sacré force, c'est sa force !
Elle sait tout dire et tout écrire, et elle vous emporte dans son monde.

C'est tendre
C'est maternel
C'est doux 
Mais c'est aussi,
Difficile
Triste
Cruel

Moi, ça me donne envie d'en savoir plus sur elle, sur sa vie, sur ses joies et ses blessures. 
Parce qu'elle m'attendrit
Elle me touche à chaque fois 
Elle est profondément humaine et sensible 
Y a qu'a voir sa page de dédicaces à la fin du livre 
" L'écriture est solitaire, mais l'envol d'un roman dépend de celles et ceux qui le liront, l'aimeront, en parleront, le défendront, le porteront. Mes personnages sont désormais entre vos mains, puissent-il vous toucher..."

Pari gagné Amélie, encore une fois !






mardi 6 mars 2018

LA FEMME QUI NE VIEILLISSAIT PAS, Grégoire Delacourt - JC Lattès


Grégoire Delacourt est-il bien un Homme ?
Une bonne fée s'est-elle penchée sur son berceau pour lui donner le don de lire dans le coeur des femmes et la capacité d'aussi bien les comprendre ?

Il m'avait déjà laissée complètement sur le carreau l'année dernière avec "Danser au bord de l'abîme" en racontant comment une femme, par un simple regard échangé avec un homme dans un café, quitte tout, mari et enfants pour partir avec cet inconnu qu'elle ne connait pas. 
C'est tout à fait ce qu'une femme pourrait faire.
Envoyer tout valser sans réfléchir, sur un simple coup de tête, une complicité, une promesse dans le regard.

Dans ce livre là, Grégoire  Delacourt décide d'aborder de façon originale l'angoisse principale de la femme quarantenaire : la peur de vieillir. 
Pour cela, il utilise plusieurs personnages de femmes qu'il décrit avec beaucoup de justesse :
- Une mère qui part trop tôt
- Une amie qui s'inflige tout ce qu'elle peut pour retarder l'inéluctable 
- Et Betty (ex. Martine rebaptisée ), Betty qui ne vieillit pas.
A partir de 30 ans, elle ne vieillit plus.
Son corps bien sûr  vieillit de l'intérieur, mais son visage reste intact : sans ride, sans creux, sans relâchement, sans trace du temps qui passe.
Trente trois photos prises chaque année seront les seules témoins du temps qui a passé : même photographe, même fond blanc, même chemisier, même absence de sourire. Trente trois photos pour trente trois années d'un visage inchangé.

On se dit quelle chanceuse, on l'envie Betty de ne trouver aucune ride au coin de ses yeux...
" Vous rêvez toutes de ce qui m'est arrivé. Mais je suis une bête de foire."
Sauf que ce cadeau empoisonné fiche sa vie en l'air.
Et je n'en dirai pas plus ;-)

Grégoire Delecourt a décidé de prendre un angle original pour parler de cette angoisse des femmes en général  : au lieu de nourrir  les peurs de la vieillesse, il décortique les affres de l'éternelle jeunesse. 
Le texte est beau, subtil, authentique, écrit avec tellement de perspicacité qu'on en arrive à penser qu'il a vécu dans le corps d'une femme, dans une autre vie.
Et puis j'aime la poésie de son écriture, presque un texte à lire à haute voix tellement ça sonne joliment. Ses mots sont beaux, ses idées sont justes, son texte est une madeleine à déguster tout doucement. J'aime son style qui m'émeut, qui me touche, qui me bouleverse. 
Par dessus tout, mais peut-être n'est-ce qu'une impression, c'est un homme qui comprend les femmes.

Je vais l'accrocher sur mon miroir de salle de bains cette petite phrase 
"La vieillesse est une victoire"
à la place de mon petit panneau qui disait " What the F... happened "


Juste pour le plaisir, à vous toutes qui vous scrutez dans le miroir....
"J'ai pensé avec mélancolie à ces femmes qui donnent tout pour ce qui en vérité est une malédiction(...). J'ai pensé à ces femmes qui, comme Odette, se coupent, se défigurent, acceptent de voir s'effacer l'histoire que leur visage raconte d'elles pour s'imaginer, un an encore, deux ans peut-être, qu'elles possèdent toujours ce trésor qui attire les regards pleins de convoitise alors qu'ils ne sont qu'un appétit, qui suscite le désir, comme si le désir n'était lié qu'à la beauté et la beauté à la jeunesse. J'ai pensé à ces femmes, à leur lutte pour tromper la mort, car c'est de cette désespérance qu'il s'agit, j'ai pensé à leur combat perdu d'avance contre les premières rides, les premiers relâchements de la peau, tout ce qui annonce au monde que quelque chose d'elles s'enfuit, irrattrapable, leurs corps fugitifs, leur honte, et j'ai eu envie de crier, hurler que seul ce qui ne dure pas a de la valeur, et que la menace de la perte est justement ce qui nous aide à vivre"












dimanche 4 mars 2018

LE CHEPTEL, Céline Le Denjean - Marabout Thriller

D'où sort donc Céline Le Denjean ?
Dans quelle communauté a-t-elle bien pu vivre cachée sans que j'entende parler d'aller ?
La prêtresse Virinaë n'a dû la libérer que très récemment parce que je ne sais pas comment j'ai pu passer à côté d'elle...
Il faut croire qu'on fait tous des erreurs dans le vie!

Une fois n'est pas coutume, juste au cas où vous seriez trop crevés pour lire toute ma chronique, je vous le dit tout de go, ce bouquin est une bombe ! Voilà, vous pouvez vous arrêter là.

Maintenant, si vous êtes un peu plus curieux,  vous avez 2 solutions si vous voulez savoir comment construire un thriller absolument parfait, sans une seconde de break, sans reprendre votre souffle, et surtout sans lassitude : vous lâchez tout ce que vous êtes entrain de faire et vous précipitez !
Et puis surtout, vous prenez le temps. J'ai mis un peu plus de 2 semaines pour digérer ces 650 pages, pas parce que c'était pas bon, mais parce qu'au contraire c'était trop bon ! 
Je m'endormais le soir en pensant à la colonie, à Louis, à Bruno, à Elicen, à Atrimen. (vrai de vrai, vos personnages ont hanté mes nuits !)

Ce n'est pas facile de résumer ce livre sans trop en dire, donc je vais être vraiment succincte.

Le thriller s'ouvre sur une jeune fille qui court, poursuivie par des hommes et des chiens, consciente que sa vie est en danger et qu'elle ne peut s'en sortir vivante. Son corps est effectivement retrouvé par les gendarmes de Nîmes quelques heures plus tard, d'une balle en pleine poitrine.
Les gendarmes arrivent vite à la conclusion que la jeune femme a été victime d'une chasse à l'homme.
Ensuite, l'araignée-Céline nous tisse une sacré toile.
Le lecteur suit plusieurs histoires en parallèle :
- Louis Barthes, un vieux notaire en quête des origines de sa naissance
- Les gendarmes nîmois collaborant avec le capitaine Eloïse Bouquet 
- Un adolescent, Bruno tombé dans une rivière qui se retrouve en territoire hostile en essayant de sauver sa peau.
- un groupe de personnes, Le Cheptel qui semble vivre hors du temps,  dans un monde parallèle au nôtre et qui vit dans une peur permanente.

La force de ce thriller réside d'abord,indiscutablement, dans sa construction. 
Parce que chaque chapitre suit un protagoniste différent, on ne ressent aucun temps mort, et ça c'est carrément EXCEPTIONNEL, pour ne pas dire RARISSIME. 
Céline a su développer chacun de ses personnages de sorte que l'attachement du lecteur pour chacun est quasi immédiat. On ne lit pas un chapitre en se disant, bon sang vivement le suivant, mais pleinement, en savourant chaque évolution, chaque histoire et chaque problématique. On garde à l'esprit la problématique principale qui est de savoir à quel moment exactement tout se petit monde va finir par se retrouver mais on se laisse littéralement porter par le récit.
Et comment elle a fait Céline pour nous rendre un peu plus accro ? Et bien, elle a adapté son discours et sa force narrative à chaque personnage. Pour faire court, Louis ne s'exprime pas comme Bruno. A chaque personnage son style propre, et son univers. 

On devient légèrement psychopathe parce que les personnages sympathiques ne sont pas forcément ceux que l'on préfère, et les méchants sont diablement attirants.
Les thèmes abordés sont la manipulation des masses, le sectarisme, la perte, le devoir de mémoire historique, savoir d'où l'on vient pour savoir qui l'on est, et tous ces thèmes apportent des réflexions personnelles. Et oui, le lecteur ne gobe pas ici, il réfléchit aussi !

Et maintenant quoi ?
Parce que la fin c'est une immense blague. C'est quoi cette fin Céline ? Vous voulez qu'on se mette tous à hurler ? C'est pas humain de laisser le lecteur sur cette ouverture... 
J'espère que vous vous êtes mise au boulot et que le suivant est bien avancé parce que sinon vous risquez d'avoir des émeutes !

En tout cas, la découverte de Céline Le Denjean me laisse ce formidable espoir que j'ai encore des auteurs fabuleux à découvrir et de sacrés bons moments de lecture qui se profilent. Le plaid et le feu de cheminée ont encore de beaux jour devant eux. 
Je me sens un peu orpheline ce soir de ces personnages qui ont partagé mes soirées pendant 2 semaines.
C'est du très grand thriller,
Du très bon thriller,
Du thriller addictif et intelligent, 
Du thriller super bien écrit,
De ces bouquins dont le lecteur a du mal à se défaire et qui restent longtemps en mémoire. 

Chapeau bas ! Vous allez faire partie de ces auteurs dont je commande les livres sans même avoir lu la 4ème de couverture car on sait d'avance à quel point ça va être bon.

Non, non, je ne vous mets pas la pression ;-)









LES 7 JOURS DU TALION, Patrick Sénécal - Fleuve noir

Bruno Hamel, médecin,  voit son univers s'écrouler lorsque sa fille Jasmine âgée de 7 ans est retrouvée violée et assassinée. Alor...