mardi 10 avril 2018

SA MAJESTE DES OMBRES, Ghislain Gilberti - Ring




Elle ne va pas être facile à écrire cette chronique sans que vous ayez l'impression que je lui cire les pompes à Ghislain. 
En fait, si, je vais lui cirer les pompes, et sacrément même, une bonne grosse couche de cirage qui devrait tenir jusqu'à la sortie du tome 2.
Il l'écrit très bien lui même à la page 525 de son livre "GOTTVERDAMI" ( bordel de merde, pour les non initiés au dialecte alsacien)
A chaque parution du Monsieur, je me dis que le nouveau ne peut pas être aussi bon que le précédent, qu'il va forcément y avoir une déception. 
Vous savez quoi ? Et bien NON !
Alors, je n'ai pas lu "Dernière sortie pour Wonderland", c'est le seul :  pas parce que je n'ai pas aimé, seulement parce que j'avais lu le Patrick Sénécal avant ("Aliss") et que le personnage de Alice commençait à me taper un peu sur les nerfs...
Bref !

Je dois dire que là, il a fait fort. Il nous embarque dans une trilogie dont ce premier tome, place le décor. L'écriture est calibrée, le rythme effréné, c'est 24 heures chrono en bouquin.

En bref, de quoi ça parle ?
Tout commence en 2003 par l'interpellation d'un gros dealer dans une villa, interpellation qui se finit dans un bain de sang. Ce cartel, spécialisé dans la vente d'une drogue extrêmement pure fonctionne de manière tout à fait innovante car son organisation est hors norme. Cette affaire est rapidement enterrée car elle s'est soldée par un fiasco total et de nombreux morts chez les dealers mais aussi chez les flics. 
En 2010, une nouvelle série de meurtres attire l'attention de Cécile Sanchez, qui fait rapidement le lien avec les évènements de 2003. 
Elle se rend donc à Strasbourg pour poursuivre ses investigations 

D'abord, je  dis merci à Ghislain de m'avoir permis de plonger dans un récit se déroulant en Alsace, entre Strasbourg et Mulhouse : quel bonheur de retrouver cette région chère à mon coeur l'espace d'un bouquin ! C'est un plaisir fabuleux de reconnaitre les lieux dont l'auteur parle, les ambiances, presque de sentir les odeurs.

740 pages pour poser le décor d'une organisation tentaculaire spécialisée dans le traffic de drogue. Cet univers, totalement maitrisé par l'auteur nous laisse entrevoir, de l'intérieur, l'organisation d'un cartel.
740 pages pour qu'on puisse apprivoiser des personnages de flics, très travaillés. Ca m'a rappelée à bien des égards, les gros pavés de Stephen King à ses débuts, lorsqu'il prenait tout son temps pour installer une vraie ambience et surtout creuser ses personnages. J'ai retrouvé cette volonté de décortiquer les identités dans ce livre là.
J'ai aimé revoir  Cécile Sanchez, personnage récurrent des romans de Gilberti, hanter les lieux, et donner l'image d'une femme forte, qui ne baisse pas les bras, mais qui nous émeut aussi par sa fragilité. Le personnage de Grux suscite également beaucoup d'attentions et de questionnement et je parie que Ghislain lui fera la part belle dans le tome 2. 
740 pages d'action pure qui ne laisse pas beaucoup de temps morts, un suspense sacrément bien mené, de l'originalité dans l'histoire, un vrai travail documenté.
Ce livre ferait une série télé très addictive, bien huilée, action genre 24 heures chrono avec la patte d'un Olivier Marchal qui sait si bien transmettre les ambiences et nous faire plonger dans l'univers des flics.

Tout ça pour dire que c'est un excellent Gilberti.

Ca fait un moment qu'il est entré dans la cour des grands. Il y gagne ses galons à chaque nouveau roman et il faudra désormais compter avec lui !
En tout cas, moi je serai fidèle au poste, j'espère que vous aussi.





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