lundi 7 mai 2018

LA JEUNE FILLE ET LA NUIT, Guillaume Musso - Calmann Levy


Alors ? il est comment le dernier Musso ? 

Question rituelle et récurrente ... 
Avant, lorsque je ne chroniquais pas les livres que je lisais, on me faisait souvent ressentir une espèce de honte latente lorsque je disais le lire...
Tu lis Musso toi ?? Oh lala, c'est pas un peu de la daube ce truc là ? (et oui, tout le monde lisait invariablement le dernier Nothomb, qui chaque année devenait de plus en plus fin, coûtait le même prix et me sortait par les trous de nez depuis que je l'avais vue à la télé, chapeautée entrain de bouffer des fruits pourris)
Qu'est ce que j'en ai entendu !!!
C'est pas de la" bonne" littérature... c'est trop "simpliste"... trop "simplet".... les ficelles sont trop grosses.... ça manque de tout : de jolis mots, d'idées, d'une histoire qui tienne la route.
Bref lire Musso, c'était pas politiquement correct, le bas de l'échelle en littérature, la loose quoi. 
A ce jour, le gars a vendu  30 millions de romans mais personne ne le lit (officiellement). 
D'ailleurs, avez-vous lu beaucoup de chroniques sur son dernier livre ? A part dans la presse je veux dire ?? Cherchez l'erreur...
Le miracle de l'édition : il a vendu 30 millions de bouquins à sa famille et le reste est dans sa cave.( hiver, neige, cheminée, feu ??)
Trente millions selon les autorités: 3 pelés, 4 tondus selon la police. 
En gros, on le lit sous le manteau, ( comme "Lui " dans les années 90), et on cache bien la couverture derrière un bon bouquin de philo, genre Hannah Arendt qui a l'air d'être super à la mode, elle !

Ca me fait penser à la remise des césars : les films dits "populaires" qui ne sont jamais récompensés, pas assez bien pour l'intelligentsia bobo. 
On nous gave le mou avec des trucs imbitables genre festival de Cannes où personne ne comprend rien. Y a qu'à lire Télérama, tu tombes de ta chaise quand tu regardes un film qu'ils ont encensé ou un livre qu'ils ont porté aux nues. Je vais me faire des copains ;-) 

Vous l'aurez compris, ça m'énerve. Et chaque année, je m'énerve. 
Les auteurs qui réussissent ont mon admiration, réussite intelligible ou non, ils ont un peu bossé, écrire un roman c'est quand même pas l'équivalent d'une promenade sur la plage.  
A ceux qui n'en sont pas encore là, je souhaite le même succès grâce à des lecteurs lambda, dans mon genre, pour leur faire une petite mise sous le projecteur.

Guillaume Musso a su conquérir son lectorat, avoir ses fidèles et tous les auteurs voudraient bien pourvoir jouir de cette fidélité et de ce succès là! 
Ne nous mentons pas, et cessons une fois pour toute d'avoir honte de ce que nous lisons, ou d'aimer ce que nous aimons. C'est stupide et complètement puéril. 

Bref, je passe aussi sur  la polémique gonflante du changement d'éditeur. 
Il fait encore ce qu'il veut. Il a eu un gros chèque. Et alors ??? Il l'a volé ?? 
Est-ce qu'on s'en fout pas un peu de connaitre les arcanes du changement, personnellement je m'en fous comme de l'an 40.

Bref, 16ème roman donc, 1 par an à peu près, attendu comme le Messie, par moi notamment  la pelée des 3 pelés et 4 tondus. 
Pourquoi donc ? Parce que je dévore ses romans en moins de 24 heures. Que je suis totalement embarquée... que je ne pense plus à grand chose d'autre... que je rentre complètement dans son univers et quand j'en sors, et bien je suis un peu triste. 
Un an à attendre le suivant c'est long. 
Je dis qu'il fait le job, celui que j'attends d'un bouquin, c'est à dire de vous emporter dans une autre réalité, avec des personnages dont on se sent proche, qui vous procurent des émotions et qui pourraient être vos voisins de pallier. 
On dira oui mais l'écriture alors ? Ben quoi l'écriture ? C'est pas Sartre ! Je ne crois pas que se soit vraiment son but !
Et puis, son style progresse de livres en livres, on est quand même à des années lumière de "Et après ", son premier roman.

C'est ma petite pause, entre 2 polars, un très bel échappatoire que je ne renie plus.

Il est comment donc le nouveau Musso ?
Il est bien, et même très bien. Il est prenant ! Voilà ! 

Cette fois-ci, il nous embarque à Antibes ( il a abandonné New-York terre de prédilection de ses romans). L'action se déroule en 2 temps :
- Hiver 1992
- Printemps 2017
En 1992, Vinca, brillante élève de prépa s'enfuit avec son prof de philo. On ne les reverra jamais.
En 2017, les meilleurs amis de Vinca se retrouvent lors d'une réunion d'anciens élèves. Certains savent que quelque chose de terrible est arrivé lors de cette soirée de 1992 : un meurtre a été commis, le corps de la victime a été emmuré dans le mur du gymnase et ce mur, justement, menace d'être détruit. 
L'action développée en 1992 est truffée de références culturelles (musique, cinéma, littérature). 
J'avais alors 18 ans  et j'ai retrouvé avec nostalgie quelques références qui m'ont replongée dans ce temps là, temps de l'insouciance, et ça m'a fait du bien, tout simplement. 
C'est un thriller plutôt intime, voir intimiste, qui se boit comme du petit lait.

Ne vous laissez pas influencer par ce qu'on pensera de vous si vous lisez le dernier Musso, faites-vous simplement du bien ! Les coupeurs de tête ou préleveurs d'organes en tout genre vous attendront ;-)


INEXORABLE, Claire FAVAN - Robert Laffont / La Bête Noire

Pas facile de chroniquer ce livre sans en dévoiler beaucoup, et surtout, beaucoup trop. Je vais donc prendre mille précautions et parler...